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juin 2008

07/06/2008

Mon petit frère de la Lune

Un film d'animation de 6 minutes réalisé par Fredéric Philibert et sa famille.

Papa d'un petit garçon autiste âgé de 4 ans, Fredéric Philibert décrit l'autisme en quelques coups de crayon illustrés par la voix de sa fille et la plume poétique de sa femme.

Quelques mots de Frédéric Philibert :

« Lorsque nous nous sommes aperçus que notre petit garçon avait un problème, un pédiatre nous a envoyé vers un centre médico psychologique dans lequel nous avons été orientés, nous les parents, vers une démarche de psychanalyse. Nous n'y avons pas adhéré, mais nous avons cherché d'autres solutions » ; prise en charge à l'hôpital et programme adapté à domicile, parallèlement nous avons choisi de créer et réaliser un film en famille. Cela a été le moyen de raconter un peu notre histoire, de parler de cet handicap qu’est l’autisme de façon très simple. Ce film peut s’adresser à tous : parents, professionnels, ceux pour qui l’autisme ne veut rien dire, ceux qui nous plaignent et ceux qui nous jugent, ceux qui découvriront et peut-être s’intéresseront à cet handicap.

C’est sa grande sœur qui fait la voix off du film. Comme elle connaît bien son petit frère elle a su garder une spontanéité, elle a transmis un message clair, lisible et poétique, avec ses mots. Les anecdotes sont prises dans la vie réelle, comme les accumulations de faits insupportables pour l’enfant et pour nous.

Mais l’humour, reste présent et permet aussi une prise de distance. Nous tenions à montrer graphiquement l’isolement de notre enfant qui vit à côté de nous, mais jamais vraiment avec nous, comme dans une bulle. Mais malgré tout, nous ne voulions pas donner un message triste, c’est pourquoi notre fils est dans une bulle de lumière qui peut s’agrandir un peu lorsque sa sœur réussit par moment à rentrer en contact. Ce n’est ni un jugement, ni une réelle prise de position mais en réalisant ce film, nous essayons de comprendre ce petit bonhomme, d’expliquer sa vie si proche de nous. Nous avons voulu faire un film sensible et sincère sur un frère différent et les relations qu'il a avec sa sœur.

« Une sorte de cadeau de famille pour ce petit garçon qui semble venir de la lune, que l’on aide à grandir et qui nous aide à sourire ! »

Un court métrage touchant qui a obtenu le grand prix et prix du public du Festival du court métrage Handica-Apicil 2007.

"Mon petit frère de la Lune" Fondation Orange

interview de Fred Philibert TL7

06/06/2008

BEN X

"Ben X" est un film atypique, basé sur un terrible fait divers qui s'est déroulé en Belgique : un garçon de 17 ans s'est jeté du haut d'une tour parce qu'il était harcelé "à mort" en raison de sa différence, il souffrait d'une légère forme d'autisme...

J'avais entendu parlé de ce film par le journal de l'UNAPEI et j'ai guetté sa sortie en salle à Lorient. Mais c'est un film dont il a peu été question et les séances ont été tardives et rares. J'ai tout de même eu la chance de le voir, seule dans la salle obscure ; il y avait bien un autre spectateur, mais il a dû être quelque peu dérouté car il a rapidement quitté la salle. Etait-ce le fait que c'était en VO sous titrée ? le sujet ? ou l'entrée en matière du film ?

Car le début est quelque peu surprenant quand on a connaissance du sujet abordé : nous entrons dans l'histoire de Ben par la porte d'un jeu virtuel. En fait, le jeune garçon se réfugie dans ce jeu où il se sent plus à l'aise car il peut maîtriser son environnement. Lorsqu'ensuite, nous le suivons dans sa vie réelle, nous partageons avec lui les difficultés qu'il rencontre, en particulier en lien avec sa scolarité ; Ben est totalement incompris de ses pairs.

Ce qui est intéressant dans ce film c'est que le réalisateur a su rendre compte des impressions que peut avoir une personne avec autisme confrontée aux stimulations sonores et visuelles de notre société ; d'ailleurs, lorsqu'il marche dans la ville, Ben garde son MP3  sur les oreilles pour se couper des agressions de l'environnement.

Le réalisateur a su aussi prendre en compte la famille de Ben, en particulier sa mère qui a été confrontée à l'incompréhension de ses proches, voire à leur peur, au manque de compassion des médécins, à l'impossibilité de trouver une place pour son fils dans la société, etc. Il a su exprimer la continuité de la souffrance de Ben et de sa mère.

Mais le film est particulièrement dur quand il fait état de la terrible réalité à laquelle peuvent être confontées des personnes avec autisme intégrées dans une école "normale", c'est-à-dire une école où on trouve aussi des petits caïds qui n'attendent rien d'autres qu'un bouc-émissaire, un défouloire... ce qui sera malheureusement le cas de Ben. Là nous sommes confontés à une violence insoutenable dont nous sommes les spectateurs aussi impuissants que Ben qui ne comprend pas ce qui se passe.

Le film est heureusement plus romancé que la réalité, et Ben fait une merveilleuse rencontre dans le monde virtuel si rassurant, une rencontre qui saura l'aider à dépasser ses tourments. Mais c'est aussi l'occasion d'évoquer la difficulté pour une personne avec autisme d'oser une relation amoureuse, sujet sensible et trop rarement au coeur des discussions.

Enfin, c'est un film que je conseille car il est très riche. Et je regrette que le biais des jeux virtuels n'est pas permis de toucher un public plus large, entre autres des jeunes peu sensibilisés à la différence...

Cf. http://www.ocean-films/benx

Benx_2

01/06/2008

Journée de l'Autisme 2008


Le programme de la Journée de l'Autisme 2008, qui aura lieu au Palais des Congrès à Paris le 15 novembre, vient de paraître.

Elle sera consacrée aux "Accompagnements et Pratiques innovantes".

Avec les interventions de: Professeur Ghislain Magerotte (SUSA), Christine Philip (professeur formateur), Olivier Bourgueil (psychologue ABA), Erin LaPlante (consultante en autisme et formatrice), Jean-François Chassy (auteur du rapport sur l'autisme en France), Isabelle Henault (sexologue et psychologue), Georges Huard (personne avec un syndrôme d'Asperger), Evelyne Nové (parent), Pascale Brochu (ergothérapeuthe), Steven Degrieck (CCC), Max Artuso (administrateur du Groupement de la démarche qualité d'Autsime France).

Tous les détails sont sur le site d'Autisme France :

http://autisme.france.free.fr/images/congres/2008.pdf

L'objet autistique

"Objet autistique"?

Une notion déjà entendue, sans trop savoir ce qu'elle détermine exactement...

Peut-être ce poste de musique dont Armony ne pouvait se passer et qu'il fallait mettre sous clef pour qu'elle ne soit pas toujours en demande de musique? cette ficelle que Philippe agite sans cesse entre ses doigts de pianiste imaginaire? cette boîte dont Isabelle s'empare dès qu'elle la voit et qu'elle nous réclame sans cesse à sa façon?

Ces objets qui envahissent leur vie, sur lesquels ils centralisent leur attention au point d'en oublier toute autre stimulation. Ces objets qui pour nous n'ont aucun sens mais qui pour eux paraissent magiques. Ces objets qui parfois semblent faire partie de leur propre personne et qui se font l'écho de ce qu'ils sont : de l'importance que la musique fonctionne pour qu'Armony garde le sourire, que la ficelle ne soit pas "cassée" pour que Philippe soit apaisé, que la boîte contienne pour qu'Isabelle ne soit éparpillée...

L'image de l'autiste comprend non seulement l'ombre de ce corps qui se balance, cette tête qui se cogne selon un rythme régulier contre le mur, ces mains qui s'agitent dans le vide, ce regard qui regarde au-delà du visible... mais aussi cet objet a priori quelconque dont il ne se sépare que sous la contrainte.

"Quelconque", vraiment? Pourtant chacun de ces objets a un lourd sens symbolique quand on y pense : la musique c'est l'expression universelle, la ficelle c'est le lien, la boîte est un contenant... tout ce qui manque parfois cruellement aux personnes avec autisme : un moyen de dire, une façon de faire du lien, un cadre compréhensif et rassurant.

Mais je n'ai en rien une approche psychanalytique, et, bien que grande lectrice, je n'ai pas parcouru les écrits de France Tustin. Ma définition de "l'objet autistique" n'est pas celle que l'on trouve dans les livres de psy. En fait, c'est seulement le mot qui m'est venu en voyant le désarroi d'Isabelle qui se jetait désespérée sur le placard où était rangée sa boîte!

Comment l'éducateur se positionne-t-il "entre" une personne avec autisme et son objet autistique? A-t-il le droit de s'imiscer ainsi dans l'autre (car pour la personne avec autisme cela équivaut à un déchirement de son être)? S'il respecte l'intégrité vécue par la personne autiste, l'éducateur est bien souvent limité dans son action éducative, celle-ci étant parasité par l'objet sur lequel la personne avec autisme se concentre. Et, si jamais il "viole" la personne en lui "arrachant" son objet, cela peut générer d'importants troubles du comportement qui ne permettront pas plus l'action éducative. Cependant, l'objet autistique peut aussi parfois être un frein à l'intégration car il implique des comportements inadaptés.

Nous en revenons toujours à cette question essentielle dans l'action éducative... Qu'importe-t-il en priorité : le bien être de la personne dans un immédiat impliquant certains comportements anti-sociaux (dans la mesure où ils ne mettent pas en danger sa propre personne), ou une contrainte immédiate difficile à vivre pour la personne qui permet de tendre vers un idéal d'intégration et de "normalisation"??